Cinq grands épisodes de Bookworm de Michael Silverblatt, en l’honneur du regretté animateur.
Michael Silverblatt, l’animateur dévoué de l’émission KCRW Rat de bibliothèqueest décédé vendredi dernier à 73 ans.
Rat de bibliothèque s’est déroulé de 1989 à 2022 et a été diffusé à l’échelle nationale. Au cours de ses trente années sur les ondes, Silverblatt a interviewé presque tous vos auteurs préférés. Tout le monde, de William Vollmann à Arundhati Roy, d’Edward Jones à Gore Vidal.
L’hôte décédé n’était pas un choix évident pour les ondes courtes. Au début de sa carrière, il a été critiqué à plusieurs reprises pour sa voix distinctement nasillarde. Mais l’enthousiasme de Silverblatt était sans précédent et singulier.
Son chemin vers les ondes était sinueux. Après l’université, le New-Yorkais d’origine a travaillé comme facteur et brièvement comme homme de développement à Hollywood. Il s’est essayé à l’écriture, mais a découvert que la lecture était le véritable amour.
Qualifié de conteur, de carte, de génie et, selon sa propre estimation, de « créature aussi fantastique que tout ce qui se passe à Oz », Silverblatt est devenu un incontournable remarquablement dévoué dans le paysage littéraire. Il était connu pour sa lecture attentive et sa capacité à respirer l’intégralité des œuvres de ses invités. Pas seulement les plus grands succès.
En parlant de ça : il est impossible de choisir le meilleur d’un spectacle qui a duré si longtemps et si dur. Mais voici cinq grands épisodes de Rat de bibliothèque, pour le fan de longue date ou le débutant. (Le tout gratuitement sous forme de podcast !)
John Keene – juin 2016
John Keene est apparu dans la série dans deux merveilleux épisodes, parlant respectivement de son livre Contre-récits et son recueil de poésie, Punks. J’apprécie le deuxième pour les lectures de Keene. Sa façon de cadrer son propre travail est passionnante, mais les récitations sont électriques.
C’est également passionnant d’entendre un intervieweur aussi rigoureux affronter un texte complexe. Comme le dit Sean Sullivan, le conseiller de Silverblatt dans cette conversation : « Je pense que l’étendue du livre rend moi je me sens plus expansif, cela nourrit mon sentiment d’être.
David Foster Wallace – avril 1996
Vous retrouverez le murmure plus doux de Silverblatt dans cette interview de 1996. Mené tout comme Blague infinie Hit Stands, c’est une conversation sophistiquée. Nous commençons par les fractales et terminons par les doubles liaisons. Avec un peu de prescience, Wallace explique comment la culture consumériste peut préparer un État au fascisme.
Au risque d’agresser le Wallacaissaince, il s’agit d’une conversation particulièrement amusante pour les nerds de la structure et les responsables des systèmes.
Gary Indiana – novembre 2015
C’est une ou ces discussions qui vous font vous sentir mal quant à la qualité de votre rattrapage moyen. Indiana, le regretté mathématicien prolifique, parle de ses mémoires de 2015, Je peux te donner tout sauf de l’amour. Silverblatt a beaucoup d’esprit en racontant l’ouverture de Cuba, pourquoi les histoires vraies sont plus difficiles à enfer et les nuances du voyage pour le sexe.
Sur tous ces sujets, « l’intellectuel le plus farfelu et le plus franc » que Silverblatt connaisse est toujours aussi courtois et épineux.
Toni Morrison – octobre 1998
Cette conversation archivée est un bavardage littéraire à son meilleur. Silverblatt et Morrison abordent les questions qui animent le chef-d’œuvre Bien-aimé.
C’est parfois philosophique, parfois poétique. (« La question est : comment sommes-nous capables d’aimer sous la contrainte ? Et quand nous le pouvons, qu’est-ce qui le déforme ? ») Silverblatt s’inspire de Morrison pour formuler le grand dilemme de la fin du XXe siècle : « le problème d’essayer de s’aimer soi-même et d’aimer un autre être humain en même temps ».
Cette conversation trouve un écho particulièrement important à la lumière de notre saison actuelle de romans en tant qu’IP. En discutant de l’adaptation de son roman par Oprah Winfrey, Morrison explique pourquoi certains livres (ou idées) ne peuvent jamais être rendus visuellement.
Wallace Shawn – novembre 2017
Shawn lance cette conversation hypnotique avec une nouvelle définition de l’écrivain. « Ma profession s’excuse », dit-il à Silverblatt, avant de plonger dans la boue.
Cette conversation avec notre traître de classe/acteur préféré est centrée sur Pensées nocturnesle tango de Shawn avec la position coupable de l’élite américaine. Peut-être parce qu’il est dans l’esprit ces derniers temps – les New-Yorkais auront droit à un revival de Shawn ce printemps, lorsque sa pièce Ce que nous faisions avant nos jours de papillon fait ses débuts au centre-ville – j’ai trouvé ce discours tonique.
Shawn, célèbre pour sa boussole morale, diagnostique le monde sur un axe chanceux/malchanceux et imagine les avantages de l’apocalypse. Son célèbre ton vif dément l’intense prophétie. Mais tout cela donne une écoute étrangement rassurante.
Faites-vous une faveur et passez du temps dans le Rat de bibliothèque archives. Et si vous pouvez nous entendre, M. Silverblatt, votre lecture rigoureuse nous manquera.
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