Des dizaines d’écrivains boycottent le festival d’Adélaïde en raison du Dr Randa Abdel-Fattah, palestino-australienne.
Près de 50 auteurs, commentateurs et universitaires ont abandonné cette année le Festival d’Adélaïde en Australie après que le Festival a annoncé qu’il annulait une apparition du Dr Randa Abdel-Fattah pour des raisons de « sensibilité culturelle ». L’universitaire palestino-australien a participé à plusieurs événements lors du Festival d’Adélaïde en 2023, mais n’est plus le bienvenu cette année.
Le commentaire public du conseil d’administration du Festival indique qu’à la lumière des « déclarations passées du Dr Abdel-Fattah, nous avons estimé qu’il ne serait pas culturellement sensible de continuer à la programmer à ce moment sans précédent si peu de temps après Bondi », faisant référence à la fusillade antisémite de décembre 2025. Le conseil d’administration indique clairement qu’ils n’insinuent pas que le Dr Abdel-Fattah était lié à la tragédie, mais plutôt que leur décision a été prise en raison de déclarations passées indéfinies et non citées.
La réponse à l’éviction du Dr Abdel-Fattah a été rapide et généralisée. Selon Le gardien47 auteurs ont déjà abandonné, dont Helen Garner, Chloe Hooper, Sarah Krasnostein, Michelle de Kretser, Drusilla Modjeska, Melissa Lucashenko, Evelyn Araluen et Trent Dalton, ce qui a incité le festival à supprimer de son site le programme complet des événements de la semaine des écrivains jusqu’à ce qu’il puisse être retravaillé.
De nombreuses organisations concernées ont également condamné cette décision. Le Conseil juif d’Australie a décrié cette décision : « Le fait qu’une autre institution ait cédé à une campagne incessante menée contre le Dr Abdel-Fattah et les partisans des Palestiniens devrait être profondément préoccupant pour tous ceux qui valorisent une société plurielle et ouverte. » Et la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël a qualifié la destitution du Dr Abdel-Fattah de « décision raciste éhontée qui déshumanise effectivement les Palestiniens et normalise le génocide et les crimes de guerre d’Israël ».
Je ne peux que spéculer sur les sources de pression qui ont conduit le Festival d’Adélaïde à cette décision honteuse, mais il est clair que même des années après le génocide israélien retransmis en direct, l’exception palestinienne à la liberté d’expression est encore trop puissante. Mais comme toujours, je suis réconforté de constater la solidarité de mes collègues écrivains et penseurs, qui continuent de s’opposer aux tentatives intolérantes visant à circonscrire la culture.
Image tirée de adelaidefestival.com.au
