Suzanne Nossel, directrice générale de PEN America, raconte sa vie de lectrice
Charlotte Lydia Riley a écrit « The Free Speech Wars ». Elle et moi avons convenu d’écrire pour une série de livres courts de Penguin Random House UK qui offriront des points de vue opposés sur des questions de fond d’actualité. Le nôtre abordera la question « La liberté d’expression est-elle menacée ? » (Vous pouvez deviner de quel côté je suis). J’ai très envie de lire « Le Couteau » de Salman Rushdie et je l’ai emporté avec moi lors de quelques courts voyages, mais je ne me suis pas encore retrouvée dans l’espace émotionnel nécessaire pour m’y plonger. Et « The Unseen Truth » de Sarah Lewis, qui ne sortira pas avant septembre, est un récit fascinant des prismes visuels à travers lesquels nous voyons et comprenons ou non la race.
Honnêtement, oui. Nous sommes confrontés aux horreurs de la guerre entre Israël et le Hamas, qui a des conséquences dévastatrices sur tous ceux qui sont touchés, y compris les écrivains. En Ukraine, les écrivains se battent en première ligne et nos collègues du PEN Ukraine utilisent les livres et la littérature pour nourrir une nation en difficulté. Notre travail principal consiste à aider les écrivains qui sont menacés, emprisonnés et parfois torturés ou tués à cause de ce qu’ils expriment, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Il est parfois difficile de dormir.
C'est avec « Danny et le dinosaure » de Syd Hoff que j'ai réalisé que je pouvais lire toute seule. Les choses ont commencé à décoller et, en deuxième année, j'avais déjà commencé à lire des histoires d'amour en format poche que je n'aurais pas pu comprendre. J'ai encore un exemplaire écorné d'« Anne aux pignons verts », que m'a offert Mme Dorros, mon institutrice de troisième année, en guise de prix, avec l'inscription suivante : « Suzanne, je sais que tu voulais une histoire d'amour, mais c'est un conte intemporel que j'espère que tu apprécieras. » (J'y suis finalement parvenu, après avoir surmonté mon agacement initial à me faire dire quoi lire).
Un roman doit être immersif et un monde doit prendre vie, en s’inspirant de lieux que j’ai visités ou que je peux imaginer. J’ai situé les livres d’Elizabeth Strout près d’un camp d’été dans le Maine où j’étais conseillère. Le décor de « Exit West » de Mohsin Hamid était Hong Kong. Je peux évoquer l’image des cabanes dans les bois de Camp David qui m’est restée en tête lorsque j’ai lu « Treize jours en septembre » de Lawrence Wright. Cela dit, il est difficile d’habiter une géographie et un monde différents en lisant seulement quelques pages par nuit. J’ai besoin d’un certain temps pour que le paysage du livre s’installe dans mon cerveau. Ainsi, mon expérience de lecture idéale se déroule sur une plage ou dans un lit balinais au bord d’une piscine, changeant de position tout au long de la journée pour éviter les coups de soleil tout en étant perdue dans un autre royaume.
